18/03/20 : REMISE DU PRIX ECRIRE LA VILLE 2019 A EMMANUEL VILLIN


L’Université Toulouse-Jean Jaurès, L’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse, la Librairie Etudes et l’Association Prix Ecrire La Ville ont le plaisir de vous annoncer que la remise du 4ème Prix Ecrire La Ville, décerné à
Emmanuel Villin pour son roman Sporting Club (Editions Asphalte, puis Folio).

La cérémonie aura lieu mercredi 18 mars à 19h, dans La Scène de La Fabrique (sur le campus de l’UT2J).

Emmanuel Villin est né en 1976.
Ancien journaliste au Proche-Orient, il vit aujourd’hui à Paris. Sporting Club, son premier roman, est paru chez Asphalte Éditions en 2016 et en poche chez Folio en janvier 2018. Suivra Microfilm, en 2018, chez Asphalte Éditions.

Sporting Club est le récit d’une attente dans une ville méditerranéenne dont l’auteur a désormais révélé le nom. Il s’agit de Beyrouth. Le narrateur projette d’écrire un livre à partir d’entretiens et de révélations qu’il espère obtenir d’un personnage énigmatique et insaisissable, Camille. Pour tuer le temps, et tandis qu’il attend Camille, ce personnage passe ses journées dans la piscine de bord de mer du « Sporting Club », vestige de temps et de styles de vie révolus d’une ville longtemps rêvée et fantasmée. La ville, entre ciel et eau, se dévoile au travers de transformations anarchiques, de ruines, de traces. Les rêveries et le désœuvrement du narrateur impriment le portrait d’une ville qui cacherait ses secrets comme dans une faille temporelle.
En ne nommant pas Beyrouth, Emmanuel Villin souhaitait, disait-il, éviter au lecteur de s’égarer vers des clichés de la ville en guerre. Au début des années 2000, un bref renouveau, un air d’après-guerre entraîne Beyrouth dans une reconstruction frénétique, tandis que le narrateur s’évade de ce chaos avec un désir d’ancien temps.

 

[…] cette position ménageait en outre une vue unique sur la partie basse de la ville et particulièrement sur le port et ses installations : portiques, engins de levage, véhicules de manutention et des milliers de containers rouges, bleus, verts, empilés comme des briques et formant de loin comme un gigantesque Rubik’s cube dont les combinaisons se modifiaient sans cesse. Sur la droite se dressait l’imposant immeuble de la Compagnie d’électricité, avec ses pare-soleil inspirés de l’architecture moderniste brésilienne, qui formaient autant d’alcôves, à la manière d’une ruche, où s’affairaient, en vain, des centaines de fonctionnaires. […] À la nuit tombée, le bâtiment prenait une allure tout autre, presque inquiétante, et rappelait plus les cauchemars d’Alphaville que les rêves exotiques de Brasilia. (p. 41-42)