Pour que ne subsiste aucun doute sur les modalités pratiques du soutien que nous sollicitons, nous précisons que, quel que soit le profil de lecteur que vous choisirez, votre contribution vous ouvrira le droit, tout au long de l’année de votre abonnement, aux ouvrages de votre choix dans les limites de la formule retenue. Vous pourrez retirer ces ouvrages dans la Librairie ou les recevoir chez vous par envoi postal.

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De l’existence de la librairie Etudes comme espace de commerce, lieu tactile du savoir, de la réflexion, de la fiction.

 

Adhérer au programme de fidélité de la librairie Etudes :

A la librairie Etudes, se trouvent, à disposition des étudiants et des enseignants, les œuvres que l’université Jean Jaurès prescrit chaque année pour nourrir son programme d’enseignement. Au-delà de la prescription, y sont proposés œuvres littéraires, ouvrages de réflexions et d’images qui offrent des approches singulières, intelligibles et sensibles du monde.

La librairie :

-        un lieu accueillant où les corps se glissent entre les piles de livres, où les doigts effleurent, feuillettent, où le regard furète et rebondit sur les couleurs et les titres des couvertures ;

-          un espace de déambulation où peuvent se déployer des parcours secrets ;

-         un lieu de sens non dépourvu de sensualité où s‘éprouve une temporalité qui nous fait riches de nous-mêmes et des autres, un lieu où prendre son temps dans un espace agencé pour se perdre et se retrouver.

Et pourtant :

-          un lieu menacé de devenir anachronique par l’interposition de nos réseaux et écrans numériques

-     un lieu délaissé au profit des non-lieux de la digitalisation des données tels que les géants de l’internet les annexent et les capitalisent.

Oui, c’est vrai, on ne dérange plus son corps ni son regard et tout va plus vite : d’un clic sur l’icône de la chose, le tour est joué et l’achat effectué.

Oui c’est encore vrai ! De  nombreux textes peuvent être consultés et téléchargés sur nos tablettes par la sollicitation d’un seul doigt. C’est bien là le comble de l’aisance de qui est assujetti au temps contemporain des technologies numériques !

Un autre mode d’être au monde, à la ville, aux études, aux plaisirs, que tout un chacun expérimente pour de multiples raisons et à de multiples occasions.

Et c’est super parce qu’on y gagne d’une certaine façon en efficacité. Mais quant à régler la totalité des actes d’accès aux biens qui nous importent, c’est réduire de trop l’attention intellectuelle et sensorielle que nous y portons !

Surtout, c’est se priver ou s’absenter des autres manières de vivre le foisonnement des contacts et des proximités à portée de voix et de regard qui animent les lieux où civilité, urbanité et choses de culture s’échangent.

Les deux possibilités sont désormais de ce monde et la manière d’en user peut se réfléchir, se questionner. Une hypothèse optimiste serait que les deux, loin de se détruire et de nous détruire, pourraient se conjuguer. A défaut,  se trouvent remises en question les conditions d’existence de la librairie Etudes sur le campus de l’université Jean Jaurès.

Car le paradoxe est là ! Qu’une librairie indépendante, installée sur les lieux mêmes des savoirs, de la lecture et de la culture qui doivent beaucoup au livre, puisse être menacée de disparition par inattention des personnes aux yeux desquelles elle était apparue nécessaire et enrichissante il y a 30 ans.

Alors posons que la nécessité et l’urgence à soutenir la librairie indépendante qui se nomme Etudes signifiera :

° Ne pas fermer les yeux sur les concentrations éditoriales et les forces financières de la distribution dont les logiques économiques l’emportent partout sur les logiques de création et de médiation.

° Ouvrir les yeux sur certaines logiques d’application des marchés publics dont les procédures de sélection conduisent à l’exclusion et détruisent des emplois sur des préalables alignés sur des exigences quantitatives.

° Réaliser que les charges externes des librairies deviennent insoutenables parce que ce commerce a la rentabilité la plus faible de tous les commerces de détail.

° Comprendre que le « tout numérique » et la puissance d’internet provoquent la fragilité de ce type d’économie culturelle.

° Comprendre enfin cette réalité économique de la librairie dans un temps où les clients eux-mêmes ne veulent ou ne peuvent plus la saisir face aux propositions des Mega « librairies » en ligne.

Pour ce soutien, nous recherchons l’attention de lecteurs, compagnons fidèles et vigilants, qui puissent simplement nous accompagner afin de résister aux difficultés rencontrées. Notamment celles qui résultent de la mise en tension entre la temporalité d’ouvertures partielles du site universitaire et la temporalité quotidienne nécessaire, tout au long de l’année, à l’économie marchande d’un commerce de détail tel que celui de la librairie Etudes.

Pour cette attention soutenue, pour cette fidélité, se souvenir alors que le métier de libraire contribue à agencer et diffuser cette richesse des connaissances, des savoirs et des œuvres qui se construit, s’échange et se partage par l’écriture et la lecture, les rencontres d’auteurs : espaces d’oralité, de débats, d’altérité.

Sans oublier ces autres sortes de nourritures dont il est dit qu’elles sont terrestres, gustatives et olfactives – café, thé et petits gâteaux – qui accompagnent, au cœur de la librairie, nos moments de pauses et de conversations. Et puis cet autre moment où le regard peut être sollicité et se laisser séduire par ces autres tracés de la perception du monde qui relèvent du dessein des arts visuels et qui sont choisis et exposés par la Galerie Studio Etudes inscrite au sein de la Librairie Etudes Mirail.

Sylvie Tiné, Libraire