Le BDéconfinement

La librairie Etudes fait son déconfinement. Pour commencer la semaine, une petite sélection des romans graphiques qui ont égayé notre retour à la boutique.

1. MIND MGMT, de Matt Kindt (Monsieur Toussaint Louverture, 24,50€)

MIND MGMT, c’est une des sorties BD les plus attendues de l’année. (du moins par nous). Outre le fait que l’éditeur nous aguiche depuis des mois sur la sortie de cette mystérieuse agence gouvernementale qu’est le MIND MGMT (pour Management), c’est la première BD publiée par Monsieur Toussaint Louverture depuis le succès internationale de « Moi, ce que j’aime, c’est les Monstres ». On les attendait donc au tournant.

Lexington, Missouri. Meru Marlow se réveille dans son appartement. Plus rien dans son frigo, plus d’eau au robinet, une pile de factures en retard. Elle allume la télévision, on y passe un documentaire sur les passagers du mystérieux vol 815. Ça lui donne une idée pour son prochain livre. Elle se lance sur les traces laissées par l’unique passager manquant à la descente de l’appareil, le mystérieux Henry Lyme. Ses investigations la conduise bientôt sur la piste d’une organisation secrète agissant dans l’ombre grâce à des agents dotés de pouvoirs de manipulation psychique, le MIND MANAGEMENT. Indice après indice, rebondissement après rebondissement, elle comprend que son implication dans le MIND MGMT est bien plus importante qu’elle ne l’a imaginé.

Palpitant dès les premières pages, MIND MGMT impose rapidement au lecteur un rythme soutenu, affine son attention, aiguise son observation. Les niveaux de lectures sont multiples, dissimulés habilement dans la maquette du livre, et enrichissent l’expérience de lecture. Vous faites dorénavant partie intégrante de cette folle aventure. À mi-chemin entre Inception et Jason Bourne, l’univers de MIND MGMT vous absorbera dans ses flaques d’aquarelles qu’ont croient voir s’animer au fil de la lecture.

Un premier tome (sur 3 annoncés) plus qu’enthousiasmant que l’on vous conseille fortement!

2. STRIP CLUB, de Gad (Editions Lapin, 16€)

Si la rencontre de Gad à la librairie a du être annulée à cause du confinement (initialement prévue le 19 mars, mais que nous allons reprogrammer à la rentrée), sa toute dernière BD est quand à elle bien sortie! Et pour l’occasion, Ultimex s’est mis sur son 31, en faux gentleman qu’il est. Une sortie très attendue, puisqu’elle marque la fin des aventures d’Ultimex, ce personnage si singulier de la BD française, et tellement excessif et provocateur qu’on imagine déjà le vide qu’il va laisser dans nos vies.

Strip Club. Un titre qui annonçait le pire, mais qui bien évidemment fait référence aux strips de la BD (à savoir les cases alignées horizontalement). Pour clôturer la saga Ultimex, Gad joue la carte de la provocation, et même toutes les cartes. Aucune retenue, le politiquement correct étant absent de son langage. Pour ce dernier numéro, Gad nous offre aussi de belles illustrations pleine page dans des styles et tons différents, donnant un peu de profondeur à de répit au lecteur, qui se surprend à décortiquer ces affiches/clichés/peintures. Un régal.

On tire donc notre chapeau à Ultimex. Bon vent l’ami!

3. SABRE, d’Eric Feres (Dargaud, 16,95€)

Une épopée glaçante, contemplative, fascinante et poétique.

15.000 ans avant notre ère, durant le pléistocène, la Terre connaît une période de glaciation. Dans un lieu encore épargné par le froid, un étrange éclair s’abat une nuit au sommet d’une montagne. À l’intérieur d’une grotte naissent au même moment trois tigres à dents de sabre. L’un d’eux, Sabre, est particulièrement différent des autres… Malgré la méfiance du reste de la meute, le nouveau-né va pourtant être de toutes les aventures qui rythmeront leur existence.
Mais quelles sont les véritables origines de Sabre, est-il issu du même monde ?…

Ce roman graphique singulier fait émerger de nombreuses interrogations sur nos origines, mais aussi plus largement sur le rapport avec l’étranger, ce qui est différent de nous. Très poétique ; graphiquement ça déborde de peps. A mettre entre les mains de n’importe qui.

4. SACRÉES SORCIÈRES, de Pénélope Bagieu (Gallimard, 23,90€)

Et pour finir, le curieux retour de Pénélope Bagieu (l’auteure de la série très remarquée Les Culottées), qui adapte un des grands romans de Roald Dahl. Et c’est réussi!

Attention ! Les vraies sorcières sont habillées de façon ordinaire et ressemblent à n’importe qui. Mais elles ne sont pas ordinaires. Elles passent leur temps à dresser les plans les plus démoniaques et elles détestent les enfants. La Grandissime Sorcière compte bien les faire tous disparaître. Seuls un jeune garçon et son extravagante grand-mère semblent capables de l’en empêcher…

Magie, excentricité, suspense et saveurs mélancoliques de l’enfance. C’est réussi!

Une sélection proposée par Thibault Plumas.