MAI 2019 : LITTERATURE, POESIE, THEATRE, SCIENCE-FICTION, BD

Ce mois-ci, Etudes vous propose une sélection éclectique : de la littérature, de la poésie, du théâtre contemporain, de la science-fiction, une bande-dessinée…

 

KAROO
Steve Tesich
Ed. Monsieur Toussaint Louverture
604 pages
13,50e

« Egoïste et cynique, Saul Karoo ment comme il respire et noie ses névroses familiales dans la vodka. Son métier, script doctor, consiste à dénaturer des chefs-d’oeuvre pour les aligner sur les canons hollywoodiens. Quand sa carrière croise celle de Leila Millar, une jeune actrice médiocre, il décide contre toute attente de la prendre sous son aile. Car ils sont liés par un secret inavouable… »

LE MOT DU LIBRAIRE Une tragédie contemporaine saisissante, un savoureux mélange de cynisme et de beauté. Un très grand roman !

 

 

Les groseilles de novembre – (Chronique de quelques détraquements dans la contrée des kratts)
Andrus Kivirähk
Ed. Le Tripode
290 pages
11,00e

Nous voici immergés dans la vie quotidienne d’un village où tout pourrait sembler normal et où, très vite, plus rien ne l’est. Les seigneurs sont dupés par leurs serfs, des démons maraudent, des vaches magiques paissent sur les rivages, les morts reviennent, le diable tient ses comptes, une sorcière prépare ses filtres dans la forêt et, quotidiennement, les jeux de l’amour et du désir tirent les ficelles. A la fois drôle et cruel, le texte relève autant de la farce que de la chronique fantastique.

LE MOT DU LIBRAIRE L’auteur du superbe « L’Homme qui savait la langue des serpents » revient ici avec un récit tout aussi fantasque et pétillant !

 

Nul chemin dans la peau que saignante étreinte
Jean D’Amérique
Cheyne Ed.
64 pages
16,00e

Ce qu’on regarde au fond de ce grand bâtiment aux dentelles barbelées, immense édifice de silence humain où sont attachés des vigiles serrés sur la gâchette, ce qu’on regarde se démêler dans la marche sauvage des machines, ces corps qui se confondent au mouvement invariable des pédales, ce n’est pas un clin d’oeil à la transe mais l’usine qui se régale.

LE MOT DU LIBRAIRE Un jeune poète remarquable, à découvrir sans plus attendre.

 

Quand toute la ville est sur le trottoir d’en face
Jean Cagnard
Ed. Espaces 34
64 pages
12,80e

Comment s’en sortir lorsqu’on est toxicomane ? Comment voit-on le monde ? Comment nous voit-il ? N’est-on pas en permanence « sur le seuil », à cet endroit de mise en jeu de la vie ? Est-on jamais sûr de se réveiller, et dans quel état ? A travers la voix du résident en institution (tous les résidents) et celle de l’éducateur (tous les éducateurs), nous traversons une très longue journée, peut-être infinie, grâce à la langue percutante de Jean Cagnard qui déploie une succession de paysages insolites et troublants, où la vie a la nécessité de se réinventer, parfois de façon drôle et cocasse malgré la souffrance.

LE MOT DU LIBRAIRE Tout en introspection et en fluidité – mais surtout sans apitoiement -, une oeuvre percutante et courageuse.

 

 

Susto
Luvan
Ed. La Volte
388 pages
18,00e

Sur l’île de Ross, aux confins de  Cité en éventail scindée par des murs jadis protecteurs, mais devenus instruments d’oppression, Susto est le théâtre des soubresauts des derniers représentants d’une humanité aux abois. Les sustoïtes tentent de s’y bâtir une existence, grondent à l’unisson, résistent, se repoussent et s’attirent au cour de cette Pompéi australe. À l’instar des romans picaresques et des feuilletons du XVIIIe, le récit brasse tous les genres à sa disposition – comics, voix radiophoniques, pulp et roman populaire jusqu’au théâtre antique – en une fresque chorale qui épouse le rythme de l’éruption, volcanique et sociale.

LE MOT DU LIBRAIRE Une éruption volcanique, sociale et littéraire. Déroutant !

 

Santiago
B-gnet
Ed. Vraoum
80 pages
15,00e

Un pastiche hilarant des westerns classiques. Santiago, chef de bande redouté, pille des banques, affronte des indiens et arrête des trains banque avec Pablo, Juan et Rancho, même s’il faut avouer que 4, c’est nul comme chiffre pour une bande. Mais voilà qu’un jour, Santiago recueille Jessica, une jeune femme habillée en homme parce que les indiens l’ont dépouillée de sa robe. Sous le nom de Chico, Jessica deviendra le cinquième membre de la bande à Santiago.

LE MOT DU LIBRAIRE Le western le moins sérieux jamais pensé. Fantastique !