Passer le monde en revue #1


DERRIERE LA REVUE, LE COLLECTIF


Illustration de la première de couverture  du numéro 10 par Hugo Pablo Moreno « À l’étroit »

Le Sabot est avant tout un collectif qui s’est réuni autour d’un constat : Nous sommes constamment sabotés. Sabotés par ce qui nous entoure de manière consciente ou non. Et le plus grave, c’est que notre langage, qu’il soit textuel ou visuel, est une des victimes principales de ce sabotage. Alors comment faire pour communiquer entre nous, si de manière inconsciente, nous sommes enfermés, formatés, manipulés par des dogmes, des tabous, des concepts, des politiquement corrects ?

Il y a 4 ans maintenant, le collectif du Sabot a décidé d’intervenir. A travers une revue trimestrielle composée de textes et d’illustrations, ils interrogent un thème en particulier : le confort, le sexe, le travail, la ville ou encore, dans le dernier numéro, le piège.

L’objectif est, par la littérature, de donner du sens à ces mots, concepts, qui sont utilisés dans notre quotidien. 


“Aujourd’hui, ce faible moyen de protestation s’est entièrement inversé, et nous voilà tous sabotés, à longueur de journée, par le spectacle du pouvoir et de sa quête absurde, publicitaire, mammifère, concours de pisse vénale. Peut-être passerions-nous égoïstement outre si ce sabotage n’avait pas quelque conséquence directe sur l’un de nos outils les plus indispensables: le langage (à la fois verbal, visuel, pictural, plastique, etc. etc.). Car le problème qu’a ce pouvoir est un problème de communication: ils sont sourds. Dès qu’il y a pouvoir, il y a surdité. “


Extrait du Manifeste du Sabot (à lire en intégralité ici)

Couvertures des numéros 1 à 5 de la revue.

LA REVUE


Illustration réalisée par Andrea Espier pour la couverture du numéro 8 de la revue « Saboter la honte »

Comme nous l’avons brièvement expliqué, l’objectif de la revue est de se réapproprier des concepts, des mots, des outils de langages, à travers la littérature.

Jusqu’à présent, dix numéros thématiques ont été publiés. Dans l’ordre : Sabotage, Saboter le confort, SEXE, Saboter le travail, Violence, Terre!, La soif, Saboter la honte, Saboter la ville, Saboter le piège.

Dans chaque numéro, un mot, une idée à s’approprier pour en faire naître un texte, une illustration, une photo…

Par exemple dans le dernier numéro Saboter le piège, on vous parle du piège des années avec Satire des ans de Benjamin Guérin, comme des pièges à éviter en manifestation avec Conseils juridique du RAJ. Ils puisent les sens et l’essence du mot piège pour mieux s’en emparer.

Vous vous demandez d’où viennent les textes n’est-ce pas ? Eh bien en fait, d’un peu partout. Si l’on voulait être factuel, nous vous dirions qu’ils viennent surtout de France et de Belgique (eh oui ! La revue est très présente en Belgique aussi). Mais surtout, les textes viennent de vous et moi, ils voyagent à travers l’internet pour atterrir dans la boîte mail de la revue le Sabot avec pour objet “manuscrit”. 

Parce que voilà, la revue Le Sabot, c’est avant tout du participatif.

Chacun y met sa patte, son amour, sa haine, son envie, son rêve, son idée farfelue et surtout, surtout, ses mots qui tourbillonnent, qui résonnent pour en faire un texte puissant. Ensuite, un comité de lecture s’échange des fiches, débat pendant des heures, lutte contre vents et marées pour que leur chouchou soit sélectionné, et se dispute aussi un peu parce que bon, on ne peut pas toujours être d’accord. 

Enfin, après un examen mûrement réfléchi, les textes sont enfin prêts à passer par la case mise en page.

Texte, un mot bien large qui englobe à la fois récits, poèmes, discours, théâtre, conseils…Bref, un peu de tout ! Mais surtout, ce qui prime lors de la sélection des textes par le comité de lecture, c’est l’effet de surprise ! L’idée c’est d’avoir des textes à la fois excentriques, curieux, authentiques. En clair, originaux dans le propos comme dans la forme (les textes biscornus sont les bienvenus).

Mais, vous en conviendrez, une revue avec seulement des mots qui s’enchaînent les uns après les autres, ce n’est pas ce qu’il y a de plus fun. Heureusement, de talentueux artistes viennent nous en mettre plein la vue avec de magnifiques illustrations et photographies.

Par contre, vous ne trouverez pas de textes politiquement corrects, de discours convenus ou encore d’ allocutions d’hommes politiques.


“[…] dans l’idée c’est qu’on soit nous-mêmes un peu surpris tant sur la forme que sur le fond. Ça va plutôt être le jeu de surprise qui va primer au sein du comité de lecture.”


-Antoine Jobard, collectif Le Sabot. Extrait de l’entretien du 14 mai 2021

Couvertures des numéros 6 à 10 de la revue

LA MAISON D’ÉDITION LE SABOT


Le Sabot, revue littéraire de sabotage n°1 à 5, ouvrage collectif
Édition Le Sabot, 2020

Pour beaucoup, le premier confinement a été le moment de la remise en perspective, du questionnement, des éventualités que pourrait nous offrir ou non l’avenir. On y est tous passés et le collectif Le Sabot ne déroge pas à la règle. C’est en cette période troublée que leur vient l’envie de lancer leur propre maison d’édition.  Pourquoi pas ? C’est après les retrouvailles tant attendues et le début  de l’été et ses promesses d’accalmies, qu’ils se sont lancés.
Les cinq premiers numéros de la revue étant épuisés, il fallait prendre une décision : soit les rééditer, soit en faire quelque chose de nouveau. C’est alors qu’en décembre 2020, sort le premier ouvrage de la maison d’édition le Sabot : un recueil contenant les numéros épuisés (Sabotage, Saboter le confort, SEXE, Saboter le travail et Violence) et tout cela, bien entendu, enrichi des nouveaux textes et de nouvelles illustrations.


“[…]les ci premiers numéros étaient épuisés du coup il fallait trouver un moyen de les rééditer et c’était plus joli de le faire sous la forme d’un livre plutôt que de les rééditer individuellement”


-Antoine Jobard, collectif Le Sabot. Extrait de l’entretien du 14 mai 2021

La machine est lancée, l’envie y est, ça y est, on ne peut plus les arrêter ! En mars 2021, deux nouveaux ouvrages sont publiés. Au programme un roman, Tabor de Phoebe Clarke dans la collection du Seum dédiée aux récits; et un recueil de poésie, L’endormi de Paul Gourdon dans la collection du Zbeul dédiée à la poésie.  Le tout avec un travail éditorial qualitatif qui en ferait pâlir plus d’un.e.


“[…]il y avait vraiment l’envie de donner une place à des textes plus longs, des recueils complets, des romans,  et là on a vraiment envie d’explorer tous les formats”


-Antoine Jobard, collectif Le Sabot. Extrait de l’entretien du 14 mai 2021

Nous ne pouvons que vous conseiller de suivre de près leurs prochaines publications ! On peut déjà vous dire qu’il y a du lourd en préparation : une nouvelle, un recueil de poème et un roman.

Tabor de Phoebe Clarke

Éditions Le Sabot, collection du Seum

L’Endormi de Paul Gourdon

Éditions Le Sabot, collection du Zbeul


POUR ALLER PLUS LOIN

  • Si vous voulez en savoir un peu plus sur le collectif Le Sabot, nous vous proposons de lire la retranscription de notre entretien avec Antoine Jobard (à venir)
  • Vous pouvez aussi aller faire un tour sur leur site internet ainsi que sur leur réseaux sociaux.

REMERCIEMENTS

Remerciements au collectif Le Sabot et particulièrement à Antoine Jobard qui a pris le temps de répondre à mes questions.

Remerciements à la librairie Terra Nova qui m’a permis de faire l’entretien chez eux.

Toutes les images ont été récuérées sur le site internet du collectif Le Sabot : https://le-sabot.fr/