(S)élections Européennes / mai 2019

En cette période d’élections européennes, comment peut-on penser l’Europe ? Comment la définir, l’historiciser, l’imaginer et s’y projeter ? Autant de questions auxquelles les auteurs, philosophes et scientifiques tentent d’y répondre.

 

Europa. Notre histoire 
Sous la direction d’Etienne François et Thomas Serrier
Ed. Flammaration
664 pages
14,00e

Raconter l’Europe à travers son imaginaire, ses utopies, ses démons, ses trous noirs, tout ce qui, dans le passé, irrigue le présent et constitue la mémoire : l’histoire telle qu’elle a été vécue par les peuples. Une traversée de vingt-cinq siècles d’histoire, conduite par un collectif de chercheurs du monde entier, pour tenter de comprendre qui nous sommes, d’où nous venons, où nous allons. Et retrouver, enfin, la profondeur d’un « nous » européen.

 

Les Amnésiques
Géraldine Swarchz
Ed. Flammarion
464 pages
9,00e

Découvrant les arrangements de son grand-père allemand avec le régime nazi, Géraldine Schwarz met au jour la responsabilité des Mitläufer dans une dictature. Suivant sa famille sur trois générations, elle retrace le travail de mémoire mené en Allemagne, qui fait la force de sa démocratie. En le comparant aux lacunes mémorielles en France et ailleurs en Europe, elle soulève une question cruciale : faire des citoyens des victimes de l’Histoire au lieu de les responsabiliser n’a-t-il pas ouvert la voie au populisme et fragilisé nos démocraties ?

 

Penser l’évènement : 1940-1945
Pierre Laborie
Ed. Gallimard
535 pages
9,50e

L’événement que Pierre Laborie nous aide à penser est celui, majeur, de Vichy, de l’Occupation et de la Résistance, tel que les Français l’ont vécu au jour le jour, sans savoir ce que seraient les lendemains. Pour ce faire, il convient de se débarrasser au préalable d’innombrables idées fausses induites par les usages politiques et mémoriels de cette période et qui, à force d’être répétées, ont pris valeur d’évidences.

 

Les penchants criminels de l’Europe démocratique
Jean-Claude Milner
Vernier éd.
160 pages
9,49e

Le couple problème/solution a déterminé l’histoire du nom juif en Europe. Le nazisme n’a fait qu’en disposer la forme ultime. L’Europe ne peut pas feindre l’ignorance. Comment le nom juif a-t-il persisté ? Par un support à la fois matériel et littéral dont l’Europe ne veut rien savoir : la continuité de l’étude. Comment l’étude a-t-elle continué ? Par une voie dont l’Europe moderne ne veut rien savoir : la décision des parents que leur enfant aille vers l’étude. Pourquoi la haine ? Parce qu’en dernière instance, le nom juif, dans ses continuités, rassemble les quatre termes que l’humanité de l’avenir souhaite vider de tout sens : homme/femme/parents/enfant.

 

Une certaine idée de l’Europe
avec Patrick Boucheron, Antonio Negri, Thomas Piketty, Myriam Revault d’Allonnes
Ed. Flammarion
165 pages
8,00e

L’Europe, pendant la plus grande partie de son histoire, a été une idée. Elle signifiait un profond désir de circulation et de liberté autant qu’un souci de rigueur et de polémique. Aujourd’hui, alors même que l’Europe est devenue une institution, elle n’est pas, ou de moins en moins, une idée. Cet ouvrage ouvre de nouvelles perspectives, de nouveaux chemins à parcourir pour retrouver les voies d’une Europe idéale, pleinement politique – une certaine idée de l’Europe.

 

Nous, l’Europe – Banquet des peuples
Laurent Gaudé
Ed. Actes Sud
182 pages
17,80e

L’Europe, l’ancienne, celle d’un Vieux Monde bouleversé par la révolution industrielle, et l’Union européenne, belle utopie née sur les cendres de deux grandes guerres, sont l’alpha et l’oméga de cette épopée sociopolitique et humaniste en vers libres relatant un siècle et demi de constructions, d’affrontements, d’espoirs, de défaites et d’enthousiasmes. Un long poème en forme d’appel à la réalisation d’une Europe des différences, de la solidarité et de la liberté.

 

L’Europe indispensable
Nicole Gnesotto
Ed. CNRS
60 pages
5,00e

Nous avons failli collectivement, États membres et institutions européennes. Ne faudrait-il pas envisager de modifier certaines de nos politiques ? Prêter davantage attention au citoyen plutôt qu’au consommateur, à la démocratie plutôt qu’au libéralisme ? L’Europe ne combattra en effet le désamour des peuples qu’en inventant une Europe à la fois libérale et sociale, mondialisée et protectrice, afin que nos héritiers comme nous-mêmes ne soient jamais contraints de choisir entre deux pires : l’ultralibéralisme des uns et le populisme autoritaire des autres.

 

Changer l’Europe, c’est possible !
Manon Bouju, Lucas Chancel, Anne-Laure Delatte, Thomas Piketty
Ed. Points
93 pages
3,00e

« Nous présentons des propositions concrètes et précises pour démocratiser la gouvernance économique et sociale de l’Union européenne, lui donner les moyens d’une régulation efficace de la mondialisation et permettre la transition vers un modèle équitable et écologiquement durable. Il est en notre pouvoir de transformer rapidement et en profondeur les institutions et les politiques européennes. »

 

Demain l’Europe
Jean-François Billeter
Ed. Allia
47 pages
6,20e

« Si les Européens veulent avoir un avenir, ils doivent se proclamer citoyens d’une république européenne. Ils se donneraient par là le moyen de prendre en main leur destin commun. » Jean François Billeter.

 

 

 

Sortir du pot au noir – L’humanisme juridique comme boussole
Mireille Delmas-Marty
Ed. Buchet-Chastel
112 pages
12,00e

L’humanité serait-elle entrée dans le  » pot au noir « , cette zone au milieu des océans où les vents qui soufflent en sens contraires se neutralisent ou se combattent ? Pour échapper au désordre, stabiliser l’instable et penser l’imprévisible, il ne suffit pas de placer l’humanité et ses valeurs au centre du monde, comme a tenté de le faire la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948. Il faut réguler les vents autour de principes communs et inventer la boussole d’un humanisme élargi à la planète qui guiderait les humains sur les routes imprévisibles du monde.

 

Peuplecratie – La métamorphose de nos démocraties
Ilovo Diamanti, Marc Lazar
Ed. Gallimard
187 pages
19,50e

Après l’ère de la démocratie des partis et des parlements au sortir de la guerre, puis au tournant du siècle, la démocratie du public, marquée par le déclin des cultures politiques traditionnelles, le recul des grands partis et la personnalisation du pouvoir, sa présidentialisation et sa médiatisation, nous entrons dans une nouvelle ère : la « peuplecratie ».

 

L’Europe utile – Retrouver un avenir commun
Jean-Michel Arnaud
Ed. Hermann
160 pages
12,00e

Comment redonner l’envie aux Européens de poursuivre leur aventure commune, sur fond de montée des populismes et de remise en question de ce qui fait leur spécificité ? Comment faire évoluer le projet européen pour lui permettre de retrouver cohérence et utilité, qualités indispensables à l’adhésion de tous les peuples auxquels il est destiné ?

 

Europe, mes mises à feu
Erri De Luca
Ed. Gallimard
32 pages
3,90e

Erri De Luca exprime son attachement à une Europe ouverte et humaniste. Revendiquant son devoir d’ingérence au nom de la mixité des cultures, il nous offre, par ses mises à feu, sa vision d’une communauté humaine au-delà des frontières – telle que la littérature sait l’incarner : « Le remède obligatoire et immunitaire reste la lecture des livres du monde. Je leur dois d’être porteur de citoyennetés variées et de fraternité européenne ».

 

L’Europe fantôme
Régis Debray
Ed. Gallimard
48 pages
3,90e

« Pour mieux comprendre ce qui lui reste d’emprise sur les esprits, il faut rendre à l’idée sublime d’Union européenne son aura d’origine. Vision mystique engrisaillée, projet politique encalminé : les deux ne sont pas sans rapport ». Régis Debray.