Vies d’ordures, ça ouvre !

Le grand plateau d’exposition du MuCEM (Marseille) accueille à compter du mois de mars 2017 une exposition consacrée à l’économie des déchets en Méditerranée, avec un angle de présentation inédit, fondé sur des enquêtes ethnographiques réalisées en Turquie, en Albanie, en Égypte, en Italie, en Tunisie, au Maroc ou dans le Sud-est de la France… Le collectif Urbain, trop urbain a pris part à son élaboration, dès le printemps 2015, au sein de l’équipe de direction artistique et de scénographie.

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En montrant les façons dont, tout autour de la Méditerranée, nos restes sont collectés, triés, réparés, transformés, l’exposition « Vies d’ordures » dessine un monde d’échanges où nos déchets s’avèrent être bien davantage que de simples rebuts. 450 objets, films, cartes, maquettes dévoilent une économie mal connue et interrogent nos manières de produire et de consommer.

Orchestrée par le département Recherche du MuCEM, la constitution du fonds d’exposition bénéficie pour l’essentiel des « enquêtes-collectes », une méthode héritée de Georges-Henri Rivière, l’illustre fondateur du musée des Arts et traditions populaires (ATP). Denis Chevallier (ethnologue et conservateur général au MuCEM) et Yann-Philippe Tastevin (ethnologue au CNRS) ont défendu un commissariat d’exposition non seulement ancré dans cet héritage – désormais rare – du musée « réflexif » et « investigateur », mais singulier aussi par sa méthode de travail. Des séminaires de recherche ont ainsi précédé et accompagné l’élaboration du programme, tandis que les premiers terrains identifiés faisaient l’objet de campagnes d’enquêtes pluridisciplinaires et itératives. Fait inédit dans un projet d’exposition ethnographique, la direction artistique a elle aussi été associée très en amont du projet de scénographie et a pu échanger avec les scientifiques et artistes associés, tant sur les contenus et leur mise en forme que sur les protocoles d’enquête et les récits.

Urbain, trop urbain (composé en l’occurence de Matthieu Duperrex, Claire Dutrait et François Dutrait) a eu le très grand plaisir de faire partie de la direction artistique et scénographique en compagnie de Encore Heureux, mandataire, de Collectif Etc (qui n’a pu suivre l’aventure jusqu’au bout) et de bkclub Architectes.

Démarre à présent cette phase étrange du dévoilement au public. Étrange parce que tant attendue, et en même tant si parcellaire et synthétique pour nous qui avons eu affaire à toutes les errances, bifurcations et refontes en substance d’un tel projet. De cela il ne sera rien vu, ou presque…

Ajoutons que des « à côtés » essentiels de l’exposition sont programmés, avec projections, conférences, tables rondes, visites et animations. À ne pas manquer et à suivre sur le site Internet du MuCEM.

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Informations pratiques

Une exposition à découvrir du 22 mars au 14 août 2017 au MuCEM (Marseille). Portes ouvertes le mardi 21 mars à partir de 17h30.

Horaires d’ouverture

mars – avril : 11h – 18h

mai – juin : 11h – 19h

juillet – août : 10h – 20h

Nocturne le vendredi jusqu’à 22h (mai – août)

http://www.urbain-trop-urbain.fr/nos-chers-dechets/

Vies d’ordures, ça ouvre !