Exposition Virginia Torres : « l’instantané de l’après » du 18/11 au 20/12/2013

Un instantané de l’après.

Virginia Torres est photographe, nous vient de Madrid et pour autant vit à Paris. Son travail se construit au fil des déambulations et des promenades au cours desquelles elle glane plus qu’elle ne chasse. Parfois elle cueille une offrande improbable : cette feuille de chêne surprise, seule sur fond d’azur, au bout de son fil d’araignée, trois fois visée et cadrée : une intuition de triptyque projeté comme oeuvre à venir.
C’est dire la confiance que Virginia Torres accorde à cet arpentage des mondes quotidiens mais choisis qui se substituent au studio du photographe. Les motifs de prises et de surprises peuvent y être à la fois inattendus et attendus comme ceux qui s’offrent dans la lecture d’une oeuvre littéraire. Il y a, cependant, des motifs majestueux qui s’imposent dans le parcours, la promenade, comme obstacles culturels et historiques incontournables tels les bronzes des sculptures de Charles Le Brun qui ornent les bassins à Versailles.
Leurs prises de vues seront de celles qui relèvent du touristique mais leurs images seront révélées par un travail de rénovation et de réduction à l’aide de retouches numériques afin d’opérer une remontée dans le temps et toucher à l’émotion que fait naître la réapparition d’une broderie couvrant la naissance de la cuisse dont quatre siècles d’intempéries et de patines du temps nous avaient privé.
Une sensualité soudaine surgit, qui n’était peut-être pas absente dans cette relation si particulière qui lie l’artiste à son modèle et qui s’offre comme lecture romanesque dans la chair du bronze recoloré. Encore fallait–il que l’image travaillée de Virginia Torres nous dévoile l’opportunité d’y penser.
Il s’agit bien, là, en l’occurrence, d’un travail de l’après prise de vue. Il ne cherche pas à rajeunir ce qui, dans l’image d’une oeuvre vieille de cinq siècles, trahirait quelque chose d’une signification de l’origine.
C’est un travail de l’après qui laisse monter une émotion et affleurer une fiction à la surface d’une image dont la sensualité restaurée est supposée avoir été éprouvée dans un temps antérieur de création fait de terre, de feu, et de fer.
Il s’agit, peut-être, d’un glissement du point de vue vers la présence de ce qui fait détail et qui déplace l’imaginaire de l’oeuvre vers l’immanence d’un trouble fondu dans le bronze et qui s’offre à un regard aujourd’hui grâce aux vertus du travail de modification et de transformation après coup qu’autorise la photographie numérique.
Glisser une chose dans une autre sans que l’une contienne l’autre ni qu’un point de vue puisse en imposer au regard sur la chose, mais de telle façon que le glissement génère l’apparaître possible d’une image comme prise sur le vif d’une intuition : un instantané de l’après.

Le 31.10.13
Gérard Tiné

Virginia Torres Castrillo
Née à Madrid
Vit et travaille à Paris et Madrid

Expositions:
2013 -« Triangle à cinq » (groupe d’artistes), Hôtel de la Marine, Ile de Groix.
2012 -« Triangle à cinq », Cabinet d’Architectes l’Atelier Triangle II, Saint-Maur.
– Portes Ouvertes, Saint-Maur,  » Graffiti d’eau ».
2011 – Portes Ouvertes, Montreuil, « Venise-Versailles ».
– Portes Ouvertes, Saint-Maur, « Venise-Versailles ».
2010 – Centre d’Art Albert Chanot, « Photographies de femmes ».
– Portes Ouvertes, Saint-Maur, « L’Ovale ».
2009 – Portes Ouvertes, Saint-Maur, « Mémoires de photos ».
2008 – Portes Ouvertes, Saint-Maur, « Ombres de mai ».
2007 – Portes Ouvertes, Saint-Maur, « D’en el jardin ».

Reportages Diffusions :
2009 – Photos Catalogue « Global painting » Amilly.
2006 -2004 – Diffusion photos de l’oeuvre de Bernard Cousinier.
2003 – Diffusion photo, Nuances du Sud, Toulouse.
2001 – Photos-reportage « Place Ramonville », Toulouse.
2000 – Photos catalogue Bernard Cousinier, Galerie Pixi, Paris.